Je suis arrivée plus tard
« Je suis arrivée plus tard »
Une réflexion anonyme et puissante d’une nouvelle résidente en médecine
Cette réflexion profondément personnelle parle de deuil, d’exclusion, et de la guérison qui vient avec l’appartenance à une communauté. Nous sommes reconnaissants de pouvoir partager ces mots avec permission et d’accueillir l’honnêteté et la force qu’ils portent.
« Je suis arrivée plus tard.
Je suis arrivée plus tard dans le parcours de la médecine, plus tard dans celui de la parentalité, et plus tard pour commencer mon chemin de compréhension de mes ancêtres. Ce n’est qu’à un moment plus avancé dans ma formation en médecine que j’ai finalement rejoint l’AMIC. Je dois aussi avouer que j’étais un peu en retard à certaines sessions à Saskatoon, et très tard au lit toute la fin de semaine.
Je viens aussi de terminer le processus CaRMS, où précepteurs et programmes m’ont dit que c’était trop tard dans ma vie pour envisager certains parcours de résidence. Cette année a été marquée par le deuil et la transition, et j’ai ressenti du découragement et de l’épuisement.
J’entends beaucoup parler du syndrome de l’imposteur, mais je me dis que ça pourrait être une autre forme de manipulation. C’est vraiment difficile de contester ce que je ressens à propos de prendre ma place, quand je ne suis pas la seule à croire que je ne devrais pas exister ici.
Je ne peux pas assez insister sur la puissance d’une communauté où je ne suis pas la seule. Je ne peux pas décrire l’impact d’entendre les histoires de tant de mères, d’autres personnes qui sont venues en médecine après avoir changé de carrière, et la détermination collective à exister malgré un milieu médical qui semble aveugle ou indifférent à son exclusivité.
Je ne suis pas une exception à l’AMIC. Je n’ai pas à expliquer pourquoi ou comment je suis arrivée ici, vous le comprenez déjà. Quand je dis que mon expérience à l’école de médecine a été marquée par un racisme violent et une tentative d’assimilation qui me rappelle les Borgs (oui, référence à Star Trek), personne n’est mal à l’aise, personne ne me dit que je me trompe, personne ne nie ou défend, personne ne me demande d’expliquer.
Je suis simplement validée. Je guéris à chaque histoire qui me ressemble, à chaque regard complice. Vous savez.»