Message de la présidente
Message de la présidente – avril 2026
J’espère que vous avez tous et toutes un beau début de printemps. Notre Terre-Mère se réveille, et la nouvelle vie commence à émerger, comme elle le fait depuis des millénaires.
C’est très excitant de savoir que nous nous retrouverons dans deux mois à Thunder Bay pour notre prochaine AGA et rassemblement de mentorat. Nous aurons beaucoup à discuter et nous avons hâte de vous revoir.
Beaucoup de choses ont changé depuis notre dernière rencontre. Le monde a évolué rapidement, et nous commençons à voir les répercussions géopolitiques se faire sentir jusque dans nos communautés. Avec les pressions grandissantes sur nos environnements, qui auront un impact sur la santé de nos peuples, ainsi que les mesures d’austérité auxquelles nous nous attendons, il y a beaucoup à aborder. Il est essentiel que nous nous retrouvions pour nous soutenir à travers ce moment.
Dans plusieurs de nos ceintures wampum, on voit des lignes parallèles disposées en diagonale. À mesure que nos maisons longues, construites pour durer quelques décennies, commençaient à pencher, on installait de jeunes arbres pour les soutenir. Vers la fin de leur vie, elles étaient entourées de ces appuis. Cela nous rappelle que, dans la vie, nous avons besoin de soutien et que nos enseignements nous invitent à l’accepter.
J’ai très hâte de vous revoir et je suis heureuse de savoir que nous comptons maintenant 600 membres. Notre famille grandit, tout comme notre force collective, et nous sommes de plus en plus en mesure de répondre aux besoins de nos membres. Mais cela demande de la réflexion et du travail ensemble, et nous avons hâte d’avoir ces discussions avec vous.
Prenez soin de vous et à très bientôt!
Dre Ojistoh Horn, présidente
Un message aux apprenant·e·s autochtones en médecine à l’approche du jumelage R1
2 mars 2026
Shé:kon skennen’kó:wa
(En espérant vous trouver en paix, encore une fois.)
Alors que l’hiver tire à sa fin et que le printemps ouvre la voie à de nouvelles directions, nous arrivons à un moment significatif de l’année. Nos apprenant·e·s en médecine de quatrième année ont complété leurs demandes au Service canadien de jumelage des résidents (CaRMS) et se préparent maintenant pour le jumelage en résidence.
Avec un nombre croissant de médecins autochtones qui entrent en médecine familiale, en spécialités et en chirurgie, notre force collective et notre capital social continuent de grandir. Nous sommes profondément reconnaissant·e·s envers le dévouement et les bonnes intentions des médecins et chercheur·euse·s autochtones, de nos allié·e·s et de nos partenaires universitaires. Il reste toujours du travail à accomplir, mais l’élan est réel et porteur.
À tous les étudiant·e·s autochtones en médecine qui terminent leur parcours au sein de la famille de l’AMIC : nous pensons à vous, nous vous encourageons, nous vous portons dans nos prières et nous sommes prêt·e·s à vous soutenir, peu importe le résultat du jumelage.
Sachez ceci : nous sommes déjà immensément fier·ère·s de vous.
Votre persévérance, votre brillance et votre engagement envers vos communautés nous inspirent tous et toutes. Alors que les entrevues se terminent et que le jour du jumelage approche, nous reconnaissons que plusieurs apprenant·e·s portent une grande diversité d’émotions — soulagement, espoir, incertitude, déception ou profonde fatigue. Où que vous vous trouviez aujourd’hui, vos émotions sont valides.
L’AMIC est une famille qui s’étend à travers Anonwarako:wa, l’Île de la Tortue. Plusieurs d’entre nous, maintenant médecins autochtones établi·e·s, avons emprunté des chemins complexes et sinueux pour arriver ici. Vous n’êtes pas seul·e·s. Ça va aller. Et vous traverserez cette étape entouré·e·s d’ami·e·s, de mentor·e·s et d’une communauté qui marche à vos côtés.
Le soin communautaire est essentiel, particulièrement dans des moments comme celui-ci. En partenariat avec l’Association des étudiants en médecine autochtones du Canada (AÉMAC / IMSAC), nous encourageons les apprenant·e·s à se tourner vers des espaces de connexion et de soutien. L’AÉMAC / IMSAC offre une communauté dirigée par des étudiant·e·s, sécuritaire et affirmante, pour les étudiant·e·s autochtones en médecine à travers l’Île de la Tortue.
Pour en savoir plus : https://www.imsac.ca/
Nous vous honorons.
Nous vous célébrons.
Nous sommes reconnaissant·e·s pour l’avenir que vous façonnez déjà.
Dre Ojistoh Horn, présidente
Message de la présidente – février 2026
Dans les paroles de reconnaissance prononcées avant les rencontres importantes ou les cérémonies, nous reconnaissons nos parents humains, non humains et inanimés qui vivent avec nous sur Ienthinisthenha Ohontsia, notre Terre-Mère. Dans ces paroles, les Haudenosaunee décrivent le Grand Arbre de la Paix, un grand pin blanc situé au cœur de la confédération, porteur de nombreuses significations symboliques. Au sommet de cet arbre se trouve un aigle. Cet aigle observe l’horizon, veille aux dangers qui approchent et avertit le peuple lorsqu’une menace se présente. L’année 2025 a été particulièrement complexe et, en tant que médecins autochtones, nous sommes comme l’aigle au sommet de l’arbre, à l’avant-plan pour reconnaître les pressions à venir qui auront des répercussions sur la santé de nos peuples.
Présentement, dans ma communauté, il existe un risque imminent lié à la construction d’une grande installation nucléaire qui servirait à alimenter des centres de données dans notre région. Les préoccupations concernant la chaleur générée par cette installation et ses effets sur la transformation et la dispersion de la pollution existante sont bien réelles. Les effets neurotoxiques, cancérigènes et perturbateurs endocriniens de cette pollution causent déjà des torts importants. Le neurodéveloppement de nos enfants sera particulièrement touché, et des recherches scientifiques rigoureuses et intentionnelles seront nécessaires afin d’éclairer les politiques publiques et d’influencer les décisions prises par les entités non autochtones qui nous entourent.
Les changements environnementaux sont une réalité dont les peuples autochtones sont conscients depuis le premier contact et que nous tentons d’atténuer depuis longtemps. En tant que médecins, nos perspectives scientifiques peuvent amplifier la voix de nos savoirs traditionnels et soutenir le leadership de nos communautés.
La terre appartient à celles et ceux qui ne sont pas encore venus, dont les visages reposent encore dans le sol. Nous les appelons les Ro ti kenh shon tah tie, les Visages à venir. Nous avons la responsabilité de prendre soin des terres que nous habitons afin que ces Visages puissent naître et vivre des vies épanouies. Nous avons choisi ces carrières exigeantes parce que nous voulions faire une différence. Il n’a jamais été aussi clair pour moi pourquoi j’ai consacré ma vie à devenir médecin de famille autochtone au service de ma communauté.
Mais nous ne pouvons faire une différence que si nous sommes en santé. Être auprès de nos familles, rire avec nos proches, partager les aliments qui nourrissent nos peuples depuis des temps immémoriaux et danser lors de nos cérémonies font partie des médecines qui nous permettent de rester forts.
Notre mère dort présentement, et nous espérons qu’elle dormira assez longtemps pour que les cycles puissent reprendre au printemps. Il y a encore beaucoup à accomplir, et nous saluons chacune et chacun qui cherche sa place sur ce grand chemin vers notre santé et notre mieux-être collectifs. Prenez soin de vous et de vos familles, reposez-vous et prenez une grande respiration pour l’année à venir.
Dre Ojistoh Horn, présidente
Message de la présidente – octobre 2025
Sekon skennenko:wa (En espérant te trouver en paix, encore une fois).
C’est la période de l’année où nos étudiants et étudiantes en quatrième année de médecine terminent leurs demandes au CaRMS (Service canadien de jumelage des résidents) pour la résidence. L’Association des médecins indigènes du Canada (AMIC) a tenu des assemblées publiques pour accompagner nos apprenants pendant ce processus souvent stressant.
Avec de plus en plus de médecins indigènes travaillant comme médecins de famille, spécialistes et chirurgiens, nous augmentons notre capital social pour soutenir nos jeunes apprenants et apprenantes. Nous sommes profondément reconnaissants pour les bonnes intentions et le travail collectif accomplis par nos praticiens et chercheurs indigènes, nos alliés et nos institutions académiques. Il reste toujours du travail à faire, mais la dynamique est en croissance.
Comme nous le savons, les peuples et les communautés indigènes sont touchés de manière disproportionnée par les attaques contre la santé de notre Mère, Iethinisthenha Ohontiake, la Terre. L’AMIC a appuyé la Feuille de route pour la mise en œuvre de la Déclaration sur la santé planétaire. Cette feuille de route, préparée par la Dre Courtney Howard et Raissa Marks, a été menée par l’Association des facultés de médecine du Canada (AFMC). Le lundi 6 octobre a été désigné comme Journée d’action pour la santé planétaire. Des événements ont eu lieu à travers le Canada, notamment sur la Colline du Parlement à Ottawa et au bureau du Globe and Mail à Toronto. Ce dernier, appelé Sommet sur la santé climatique, a dévoilé la Feuille de route, que je vous invite à découvrir sur le site de l’AFMC sous la section Responsabilité sociale.
En 2021, le Canada s’est engagé à respecter les principes de la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones (DNUDPA). En 2023, le Canada a adopté le projet de loi S-5, consacrant notre droit de vivre dans un environnement sain. En 2024, le projet de loi C-226 a été adopté pour créer une stratégie contre le racisme et l’injustice environnementale.
Cependant, en 2025, face aux pressions économiques de nos voisins du sud, le Canada a réorienté ses priorités et ses engagements envers ces cadres juridiques. De nouvelles lois, comme le projet de loi C-5, ont été déposées pour accélérer les projets économiques exploitant les ressources naturelles de nos terres, en réduisant les protections environnementales et sans consulter nos peuples. Récemment, un groupe de consultants indigènes a été désigné pour assurer cette consultation, mais les professionnels de la santé, y compris les médecins, n’en font pas partie.
Les facteurs de risque environnementaux sont encore mal étudiés, mal compris et rarement pris en compte dans nos évaluations cliniques auprès des familles et des patients. En médecine, nous apprenons le concept d’homéostasie — le grand équilibre — à l’intérieur comme à l’extérieur du corps. Nous tombons malades lorsque nos systèmes tampons ne peuvent plus compenser les changements. De la même façon, les systèmes tampons de notre planète deviennent incapables de supporter les pressions de l’humanité.
Depuis longtemps, les peuples indigènes décrivent comment la dégradation de l’environnement nuit à notre santé. Cette année, nos communautés ont été particulièrement touchées par les feux de forêt. Ces feux affectent tout le monde. Des travaux récents ont montré que la suie issue des feux contient du graphite, un carbone ancien libéré, qui se recompose en diverses formes et piège des substances polluantes ou des métaux comme le méthylmercure. Cette suie voyage loin, jusqu’à nos poumons. Ces substances sont souvent neurotoxiques, cancérigènes ou perturbatrices endocriniennes. Nos expositions changent, et pour plaider en faveur de politiques qui réduisent ces risques, nous devons mieux les comprendre.
La santé planétaire est une préoccupation mondiale qui touche les corps humains et non humains. Nous devons élargir notre compréhension de la santé à travers cette perspective. C’est avec une grande espérance que nous voyons les institutions médicales du Canada reconnaître l’importance d’enseigner à tous les praticiens les effets de l’environnement sur la santé.
Enfin, les inquiétudes de nos peuples, qui observent la dégradation des terres, des eaux, de l’air et des êtres non humains depuis des générations, commencent à être reconnues. Nos praticiens en médecine traditionnelle sont enfin entendus. Cette année, nous anticipons un hiver plus doux. Prenez un moment pour accueillir la neige, la glace et le repos du monde naturel, ancrés dans les expériences et les souvenirs de nos peuples, et demandez-leur de rester un peu parmi nous.
Je vous souhaite une belle saison des récoltes et bonne chance à celles et ceux qui entreprennent le processus du CaRMS.
Dre Ojistoh Horn, présidente
Message de la présidente – juillet 2025
Mot de bienvenue AMIC Rencontre annuelle de mentorat tenue à
Saskatoon, sur les territoires de la Traité 6
Bonjour à toutes et à tous,
Je m’appelle Ojistoh Kahnwahere Horn. Je suis Kanien’kehá:ka (Mohawk), issue de la confédération Haudenosaunee, anciennement appelée Iroquois. Du côté maternel, j’appartiens au clan de l’Ours (Bear Clan) de Kahnawake ; du côté paternel, j’appartiens au clan du Loup (Wolf Clan) d’Akwesasne. J’ai six enfants, âgés de 18 à 29 ans (quatre biologiques, deux par alliance). Je pratique la médecine familiale dans nos communautés depuis 17 ans, accompagnant les personnes à toutes les étapes de leur vie.
Je suis tellement heureuse de vous voir tous ici. C’est encourageant de se retrouver ensemble à nouveau.
Nous sommes reconnaissants pour l’accueil chaleureux sur ces terres traditionnelles de la Traité 6. Nous savons que des feux de forêt ravagent votre région et que vous vivez un stress immense. Des souvenirs irremplaçables — mocassins, œuvres d’art, perlage, objets cérémoniels sont en péril. Vos familles, vos communautés et vos relations non humaines traversent une grande douleur. Comment tenir notre conférence dans un tel contexte ?
Mon père dit que dans les périodes de chaos et d’incertitude, il faut « lancer dans le grand vortex » toutes nos bonnes intentions, idées et plans. C’est aussi le moment de se rencontrer, de s’écouter, de rassembler ces intentions pour planifier ensemble. Et quand la tempête s’apaise, ce qui reste au sol est prêt à être activé.
C’est ainsi que nos ancêtres ont fait pour nous permettre d’être ici aujourd’hui, porteurs de nos langues, de nos cérémonies et de notre lien profond à la terre. Ce cadre a permis à certains d’entre nous de trouver le soutien nécessaire pour découvrir et développer leurs dons — répondre à la rigueur de l’éducation et de la carrière pour contribuer à la santé de notre culture collective. En nous réunissant, nous incarnons la médecine. En nous rencontrant, nous honorons votre peuple, votre force et votre résilience. Nous nous engageons à soutenir vos communautés dans leur processus de guérison et de préparation face aux incertitudes à venir.
Nous remercions l’Université de la Saskatchewan de nous accueillir dans ce magnifique campus. Chaque salle témoigne d’une attention respectueuse envers les peuples de ce territoire.
Nous exprimons aussi notre gratitude envers les aînés et gardiennes ainsi que les gardiens du savoir présents tout au long du weekend ; ils sont des extensions de nos familles, véritables oncles et tantes traditionnels.
Merci également à l’équipe de l’AMIC qui a organisé cet événement : notre directrice exécutive Melanie Osmack, Kayla Knelson, Stacey Chicone et Rochelle Mathieu. Nous saluons les partenaires et commanditaires qui soutiennent cette conférence.
Nous remercions les médecins qui ont siégé aux conseils d’administration des versions antérieures de notre organisation, notamment Leaders autochtones en médecine du Canada (CALM), Native Physicians Association of Canada (NPAC) et l’AMIC, l’Association des médecins indigène du Canada. Leurs mandats successifs ont pavé la voie pour atteindre aujourd’hui plus de 500 membres (médecins, résidents et étudiants en médecine).
Nous honorons également les médecins autochtones qui participent à des conseils et comités médicaux et universitaires au Canada, contribuant à faire évoluer les politiques pour qu’elles reflètent l’esprit des recommandations de la Commission de vérité et réconciliation, et qui œuvrent sans relâche pour réduire les iniquités en santé.
Nous remercions les médecins autochtones en milieu académique, auteurs de programmes novateurs en médecine, dont certains sont devenus doyens d’institutions. Merci aussi aux facultés de médecine qui permettent à nos étudiants et résidents de participer à cette conférence.
Nous saluons les médecins autochtones en milieu communautaire urbain et rural comblant les lacunes systémiques qui limitent le bien-être de nos peuples. Ils entendent leurs communautés, notamment quand l’eau, le sol ou l’air sont pollués, comme c’est le cas dans ma propre communauté.
Nous valorisons les médecins autochtones travaillant avec les praticiens de médecines traditionnelles, les doulas, les sages-femmes et les protecteurs de la terre, porteurs d’un savoir transmis clandestinement malgré l’oppression (église, agents indiens, GRC).
Nous saluons aussi ceux œuvrant en milieu carcéral, ceux ayant changé de voie pour rejoindre les forces armées notamment en ces temps géopolitiques incertains et ceux qui œuvrent pour la santé des humains et de la planète.
Merci enfin à toutes les personnes ayant soutenu notre parcours depuis le premier jour : familles, communautés, générations passées et présentes, enfants, neveux, nièces, ainsi que nos aînés adoptifs, autochtones et non autochtones, et cette belle toile d’alliés, dont plusieurs sont ici aujourd’hui.
Cela fait un an que je préside l’AMIC, prenant la relève d’Alexa Lesperance, alors que Mandy Buss et Mike Dumont devaient interrompre leur mandat de présidence et vice-présidence. Cette année fut riche en apprentissages. Je tiens à remercier le conseil d’administration actuel : Alexa Lesperance (Anishnabe), Brent Young (Anishnabe), Ryan Giroux (Métis), Jamaica Cass (Kanien’kehá:ka), Tina Nash (Tahltan) et Shelley Young (Mi’kmaq). Ensemble, nous avons constaté que chaque membre apporte une force unique et essentielle. Ce fut un réel plaisir de collaborer avec ces collègues dévoués.
Nous naissons tous avec un don. Si nous avons de la chance, nous le découvrons. Je suis heureuse d’avoir trouvé mon chemin ici et maintenant, et profondément reconnaissante pour les amitiés et les collaborations tissées tout au long du parcours.
Bienvenue à la conférence de mentorat AMIC 2025. Le thème de cette année est Two-Eyed Seeing (deux yeux pour voir), concept développé par le Dr Albert Marshall, Mi’kmaq d’Eskasoni. Nous commencerons ensemble avec une chanson d’honneur mi’kmaw interprétée par Shelly Young, également d’Eskasoni.
Je conclurai en disant que nous traversons une période chaotique mais tout comme auparavant, nous y ferons face, soutenus par nos savoirs éprouvés par le temps, pour construire ensemble notre avenir collectif.
Je vous souhaite un excellent weekend.
Dre Ojistoh Horn, présidente
Message du Président – Avril 2025
She:kon,
La semaine dernière, les Tonnerres ont grondé dans notre région, réveillant la Terre de son long sommeil. Nous avons offert du tabac pour reconnaître ce moment important dans le cycle des saisons. C’était aussi le début du cycle annuel des rencontres et des conférences, et plusieurs d’entre nous ont eu la chance de se retrouver.
Le travail d’apprentissage, d’enseignement et de soins pour la santé de notre peuple est depuis toujours exigeant. Aujourd’hui, il est encore plus alourdi par plusieurs menaces — l’éclosion de rougeole qui risque de se propager vers le Nord, là où plusieurs membres de nos communautés hésitent à se faire vacciner; la grippe aviaire qui menace de franchir les espèces; les nouvelles pressions sur notre système de santé, notamment l’introduction de l’intelligence artificielle; et bien sûr, les bouleversements politiques qui entraînent des pressions économiques réelles sur l’environnement et la santé de nos peuples.
Dans ces temps de chaos grandissant — que nos peuples traversent depuis bien longtemps — mon père me rappelle que c’est justement dans ces moments qu’il faut lancer toutes nos bonnes pensées, nos intentions et nos plans dans le grand tourbillon. Comme tout dans la vie, le chaos suit des vagues. Et lorsqu’il se dissipe, ne serait-ce qu’un peu, davantage de bonté reste présente autour de nous.
C’est dans ces moments que nous devons travailler à créer et entretenir nos relations. Toutes nos relations — avec nous-mêmes, nos familles, nos communautés, nos collègues médecins et non-médecins, nos leaders traditionnels, nos praticiens de la médecine cérémonielle, les sages-femmes et les doulas, notre passé, notre avenir, et nos relations non humaines — doivent être ravivées. Nos relations sont la base de notre bien-être.
Prenez soin de vous. Que le printemps vous apporte douceur et renouveau. On a bien hâte de vous retrouver à Saskatoon en juin.
Dre Ojistoh Horn, présidente
Message du Président – Janvier 2025
À l’époque du grand froid, Tsiothóhrha, appelé décembre, et du très grand froid, Tsiohthohrkó:wa, appelé janvier, mon peuple s’asseyait dans ses longues maisons avec ses familles près des feux pour raconter des histoires et des enseignements. Nos chasseurs étaient de sortie pour attraper le gibier qu’ils ramenaient à la maison. Lorsque la constellation stellaire des Sept Sœurs, ou Pléiades, était à son apogée, ils commençaient leur voyage de retour et leur arrivée marquait le début des importantes fêtes et cérémonies du milieu de l’hiver.
Voilà donc où nous en sommes aujourd’hui. Nous sommes avec nos familles, chez nous, dans nos communautés de principe ou urbaines. Beaucoup d’entre nous ont dû trailler pendant cette période dans les maisons, les cliniques et les hôpitaux qui accueillent nos patients. Dans ma communauté, nous avons beaucoup de personnes âgées en soins palliatifs – deux sont décédées aujourd’hui et une la semaine dernière. Il était salutaire d’entendre les mots prononcés sur le lit des nouveaux défunts, où leur corps et leur esprit étaient informés qu’ils s’étaient séparés. Nous faisons cela pour nous assurer qu’il n’y a pas de confusion de la part de l’esprit, afin qu’il sache qu’il est libre de retourner dans ce lieu que nous appelons le Grand Mystère.
En tant que médecins, nous avons l’incroyable privilège de faire partie de la vie des gens lors de chaque rite de passage. Mais nous devons toujours être vigilants et veiller à ne pas porter plus que ce que nous pouvons supporter. Être avec nos familles et sur nos terres est une façon de nous décharger des souvenirs énergétiques que nous portons.
Certains d’entre nous ont eu la chance inouïe de se rendre en Australie pour participer au Congrès des médecins autochtones de la région Pacifique (PRIDOC). C’est incroyable de participer aux conversations optimistes et enthousiastes sur ce que nous ferons à notre retour. Conscients de notre emploi du temps chargé, nous vous contacterons pour trouver une date, probablement un week-end, au cours des deux prochains mois, où nous pourrons nous rencontrer virtuellement, faire le point et exposer toutes nos idées.
Il est étonnant de constater que nous disposons d’un solide noyau de médecins autochtones. Grâce à notre esprit collectif et à notre expérience, nous pouvons apporter une contribution substantielle aux solutions nécessaires pour remédier aux inégalités en matière de soins de santé, pour créer des équipes multidisciplinaires de soins primaires dans nos communautés d’origine et urbaines, et pour jeter des ponts entre ces soins et les soins spécialisés et surspécialisés.
Nous nous réjouissons de vous rencontrer à nouveau !
Dre Ojistoh Horn, présidente
Message du Président – Octobre 2024
Alors que nous entrons dans la saison des récoltes, j’espère que chacun a trouvé le temps de passer du temps avec ses amis et sa famille. Les quelques mois qui se sont écoulés depuis notre réunion de juillet ont été très chargés. Une nouvelle année scolaire a commencé – certains d’entre nous ont des enfants à l’école, nos étudiants en médecine et nos résidents sont bien engagés dans l’année universitaire, et de nombreux cliniciens sont occupés à réorganiser leurs conférences et leur enseignement. Nous poursuivons tous notre travail en vue d’améliorer la santé de nos concitoyens.
Le personnel de l’AMIC a été très occupé à planifier deux projets importants. Tout d’abord, le personnel et les membres de l’AMIC ont visité des écoles de médecine à travers le Canada, rencontrant le personnel des programmes indigènes, les résidents et les étudiants. Nous sommes à l’écoute des besoins et des préoccupations de chaque école, explorant les moyens de faciliter les relations de mentorat et d’améliorer les possibilités pour nos apprenants de travailler aux côtés de médecins indigènes. Deuxièmement, les membres de l’AMIC participeront au Congrès des médecins indigènes de la région Pacifique (PRIDoC) à Adélaïde, en Australie, en décembre prochain. Ce rassemblement, qui a lieu tous les deux ans, est l’occasion de rencontrer des collègues d’autres continents, d’en apprendre davantage sur leurs peuples, leur histoire et leurs cultures, et d’apprécier les diverses approches visant à améliorer les soins de santé dans les communautés indigènes.
Le 18 septembre 2024, de nombreux médecins autochtones se sont réunis à Victoria, en Colombie-Britannique, pour témoigner des excuses présentées par l’Association médicale canadienne pour les préjudices subis par les peuples autochtones. Suivant les instructions du peuple Kwakwaka’wakw à la maison Mungo Martin, les participants venus de tout le continent ont placé des médicaments et des récits dans un faisceau cérémoniel. Ce paquet, dont s’occupe actuellement le président de l’AMC, symbolise notre engagement collectif à tenir l’AMC responsable de l’esprit et de l’intention de ces excuses.
Par ailleurs, le projet de loi S-5, qui modifie la Loi canadienne sur la protection de l’environnement en reconnaissant notre droit de vivre dans un environnement sain, et le projet de loi C-226, qui élabore une stratégie nationale de lutte contre le racisme et l’injustice en matière d’environnement, sont deux textes législatifs canadiens qui mettent en lumière de nombreux problèmes sous-jacents à la mauvaise santé de nos peuples et des écosystèmes dans lesquels nous vivons. En tant que médecins autochtones, je vous encourage à utiliser votre forte capacité de plaidoyer pour amplifier la voix de nos peuples, en particulier dans le contexte de cette loi et d’autres lois qui affectent notre santé.
L’équinoxe d’automne est passé. Espérons que notre mère la Terre se prépare à un bon repos sous une épaisse couche de neige et de glace. Prenez le temps de faire ce qui vous fait du bien et je vous souhaite un merveilleux reste de l’année.
Niawen go:wa,
Dre Ojistoh Horn, présidente